Mardi dernier, nous avons eu le dernier rendez-vous de l'année avec le CMP. L'idée était de faire un point sur le groupe "habiletés sociales" auquel Jules participait chaque lundi.
Depuis 8 ans que nous fréquentons le CMP/hopital de jour, je dois dire que nous avons eu la chance d'avoir toujours été bien accompagné. D'une manière générale, les pedo-psy étaient plutôt à l'écoute et même si certains clichés psy ont la vie dure, je ne m'étais jamais senti coupable.
Bilan d'une année de groupe habilités sociales
Jules a beaucoup grandi et surtout mûri. La relation aux autres est toujours particulière avec lui mais je trouve qu'il a fait énormément de progrès. Avec ce groupe, il a pu échanger avec des enfants de son âge. Ce n'était pas toujours facile de comprendre les réactions des autres mais il a su s'adapter.
Il s'est avéré que les difficultés que nous avons eu avec son frère en début d'année (je crois que je n'en ai pas parlé ici mail il faudrait), avaient un impact sur lui. Du moment où les tensions à la maison se sont apaisées, Jules était plus serein, moins fatigué.
Pour la rentrée, ils ont donc décidés que Jules n'irait plus dans ce groupe. Il n'en a plus besoin apparemment. Je pense sincèrement que cet enfant s'adapte aux autres et arrive de plus en plus à composer avec différents caractères. (Je pense aussi qu'ils avaient besoin de places au CMP et qu'il était temps pour lui de passer à autres choses !).
La relation Psy-parents
Et puis il y a eu cette discussion, cet échange psy-parents pour savoir comment nous allions. J'ai fait l'erreur de parler de mes inquiétudes pour la rentrée, de craindre que Jules n'aille pas beaucoup en inclusion.
Mais au lieu de recevoir des paroles encourageantes, apaisantes, j'ai eu le droit à un discours contradictoire qui n'avait comme seul effet de me faire culpabiliser. "Je ne me rendais pas compte de la charge de travail en 6e", "je ne me rendais pas compte des difficultés de mon fils". Bien évidemment, tout ceci n’était pas toujours dit aussi franchement mais presque.
D'un côté, ils me disaient que mon fils n'avaient plus besoin de suivi chez eux, qu'il devait être capable de faire ses devoirs seuls le vendredi après midi, mais d'un autre côté, il fallait qu'il reste dans sa classe d'Ulis, bien protégé, que ses journées seraient fatigantes et qu'il ne fallait pas trop le charger.
Très rapidement, j'ai eu ce sentiment qu'on essayait de me dire que je ne savais pas, que je ne me rendais pas compte bref, j'avais cette sensation que l'on cherchait à me couler.
Je suis restée calme ... même si à l'intérieur de moi, je bouillais ! Comment peut on envoyer un tel message à des parents qui viennent pour parler de leur doute ? Je n'aime pas répondre quand je suis énervée mais j'aurais du. Dire que leur comportement était inacceptable. Que je venais chercher du soutien et qu'au lieu de ça, on m'enfonçait avec des arguments qui plus est, contradictoire.
Le reste du rendez vous s'est passé dans le même esprit, avec une leçon sur la réglementation stricte sur les ordonnances du Quazym ... comme si je n'étais pas au courant, moi qui depuis presque 4 ans doit tous les mois aller à la pharmacie, faire modifier ces mêmes ordonnances par mon médecin traitant car le médecin du CMP se trompe.
Mon coup de gueule
Aujourd’hui, j'ai envie de dire à ces spécialistes qu'ils doivent arrêter de prendre les parents pour des imbéciles. Certes pour certains parents, il est difficile de comprendre tous les mécanismes, de pouvoir venir en aide à leurs enfants car ils sont eux-mêmes en difficultés. Mais n'oubliez pas que NOUS vivons tout ça au quotidien, des fois depuis plusieurs années. Pour nous, cela fait 8 ans de combat : nous aurons vu 4 pedo-psy différents qui ne voyaient notre fils que de temps en temps. Certes nous ne sommes pas des professionnels, mais nous sommes souvent le lien entre tous les professionnels, et surtout nous vivons au quotidien avec notre enfant.
Nos inquiétudes ne sont pas toujours justifiées mais nous attendons des spécialises du soutien et non de la culpabilité. Nous n'avons pas besoin d'eux pour se sentir coupable.
Nos enfants sont comme n'importe quel autre enfant. Selon les situations, les personnes, ils adaptent leur comportement. Mais c'est avec nous, les parents, qu'ils sont eux mêmes, qu'ils se lâchent car ils savent que nous les aimeront quoi qu'il arrive.
Alors oui, je m'inquiète peut être pour rien, peut être que j'attends trop pour la rentrée mais je sais aussi que son institutrice était d'accord avec moi, et qu'elle avait elle même des craintes par rapport à ça.
Dans tous les cas, il devrait inacceptable de culpabiliser des parents qui cherchent du réconfort, du soutien. Tout simplement.