Tout parent qui se respecte veut protéger ses enfants. Face aux dangers de la vie, aux maladies, mais aussi contre les « méchants » quel qu’il soit. Pour certains, ils sont même prêts à faire la guerre aux enseignants, même s’ils sont dans le faux ou s’il s’agit juste de querelles d’enfant.
Alors imaginez lorsque l’on s’attaque réellement à leurs enfants !
Je comprends tout à fait cette manière de fonctionner ou du moins je peux l’expliquer. Mais personnellement, je n’ai pas cette attitude envers les autres. Je me fais souvent l’avocat de diable, en me mettant à la place des autres ou tout simplement en leur cherchant des excuses.
Alors, lorsque Jules nous rapporte qu’il se fait embêter par une élève de sa classe, je préfère relativiser. Nous avions déjà vécu ça l’année dernière avec un autre petit garçon et au finale, cet enfant qui avait des fois un comportement peu approprié avait créé des liens avec Jules. Sa différence faisait qu’il n’avait pas réellement intégrer les codes sociaux.
Mais cette fois-ci, les choses ont dévies. Les chamailleries d’enfant devenaient insistantes. Elle le suivait, l’agressait verbalement. Mais Jules avait toujours du mal à nous expliquer clairement. Ses récits étaient confus et certaines réponses nous faisaient douter dans ces réactions.
Était-il victime ou agresseur ?
À force d’en entendre parler tous les soirs, j’ai été voir la Maitresse. Deux fois. Difficile lorsque l’on ne va jamais à l’école de comprendre, de discuter avec les parents, et donc de relativiser. C’est dès le premier rendez-vous qu’elle a parlé de harcèlement. Une fois de plus, j’ai minimisé les choses, excusant cette petite fille, et surtout tellement persuadé que ça ne pouvait pas arriver à mon fils. Mais lorsque les choses ont persisté, que la maman et l’enfant semblaient incriminés mon fils, il a fallu que j’en ai le cœur net.
On a beau connaître nos enfants, leur inculquer des valeurs, leurs réactions peuvent être déplacées ou tout simplement mal appropriées. Ils sont face à une situation qu’ils ne connaissent pas et ils trouvent une solution, leur solution et pas toujours la meilleure.
Jules recherche des amis à tout pris et il peut devenir insistant, limite pot de colle à trop vouloir s’intégrer. Mais comment lui en vouloir ? Ne pas aimer le foot est pour lui un deuxième handicap en plus ! Lors d’une deuxième rendez-vous, j’anime eu la confirmation.
Mon fils est victime de harcèlement.
J’avoue avoir encore du mal à me l’avouer. Tous les matins, il va dans cette école avec la boule au ventre et moi je ne peux que lui dire : « ça va aller, la Maitresse est au courant et surveille.» ce qui est vrai. Tous les adultes de l’école informé et veille au grain. Le harcèlement à l'école est pour l’instant minime mais n’en demeure pas moins une souffrance pour Jules.
Curieusement, je ne peux m’empêcher de penser à cette petite fille, qui fait subir ça à mon fils mais qui doit elle même être mal dans sa peau pour infliger ça aux autres.
Aujourd’hui, je ne cherche pas de solutions. Je fais confiance à l’équipe enseignante. Chaque matin, chaque soir, je motive Jules. Je lui explique bien que ce n’est pas de sa faute, mais je l’invite à réagir différemment aux attaques. J’essaie également du lui faire comprendre que l’amitié est long à se créer et qu’il faut être patient. Pas facile quand personne ne joue avec nous en récréation. Et pourtant, Jules est drôle, sympathique, sans jamais d'accès de colère. Certes il peut être très taquin, juste pour le plaisir, mais en amitié, il est fidèle et il se donne 100%.
En attendant, le mot "harcelement" a été prononcé et Jules l'a très bien entendu. Il doit continuer à aller à l'école avec cette idée en tête, qu'aujourd'hui il est une victime. Je ne veux pas dramatiser ces évènements mais je ne veux surtout pas les minimiser. Difficile de faire la part des choses lorsque nous sommes loin d'eux.
En attendant, le mot "harcelement" a été prononcé et Jules l'a très bien entendu. Il doit continuer à aller à l'école avec cette idée en tête, qu'aujourd'hui il est une victime. Je ne veux pas dramatiser ces évènements mais je ne veux surtout pas les minimiser. Difficile de faire la part des choses lorsque nous sommes loin d'eux.