Chaque dimanche soir, c'est la même histoire. Le coucher toujours difficile avec lui, devient encore plus douloureux. Les yeux sont rougis, les lèvres pincés. Et puis LA phrase que nous redoutons tous sort : je ne veux pas aller à la piscine.
P'tit Loup n'aime déjà pas aller à l'école. Cette année, il prend beaucoup sur lui pour ne pas faire de crise de larmes le soir et le matin. Mais la piscine c'est trop. Trop de contraintes, trop d'appréhension. Je ne sais pas.
En général, il retourne se coucher après que nous ayons accepter qu'il lise dans son lit. Souvent, je le retrouve à 22h toujours éveillé. Il finira par s'endormir après quelques réprimandes, et surement par épuisement. Cela pourrait s'arrêter là. Mais non.
Au réveil, il descend avec les yeux toujours aussi rouge et son visage crispé. Quoi que nous fassions, quoi que nous disions, il s'enferme dans cette peur de l'eau, à en arriver à un point de non retour.
Pourtant il se débrouille très bien dans l'eau. Il sait presque nager, arrive des fois à mettre la tête sous l'eau. Mais ces moments il les décide. Personne ne lui impose de passer sous la ligne d'eau, personne de l'oblige à attendre dans le froid. Tout ce contexte l'empêche de rationaliser, et de se dire que ce n'est qu'un moment à passer. Il va avoir peur de tout. De faire un malaise, d'avoir froid, de faire des choses qu'il ne sait pas faire.
L'heure d'aller à l'école est arrivée et le cauchemar va commencer pour tout le monde. Pour lui, qui va se laisser submerger par ses émotions et ne plus en sortir, et nous démunis, face à cet enfant complètement hors de lui et inaccessible.
Il va s'aggriper à tout ce qu'il pourra pour ne pas y aller : barrières de sécurité, portes. Il se cramponnera jusqu'à ce que l'on arrive à l'y déloger ou restera figé sur place. Son refus est tellement fort, que 3 personnes sont nécessaire pour le faire bouger.
Aujourd'hui il y a piscine. La maîtresse m'a appelé pour que je le rassure. Encore. Je sais qu'elle fera tout pour l'aider à passer ce moment si douloureux à ses yeux. Mais je sais aussi qu'il s'est enfermé dans son mal-être.
En attendant, moi j'ai la boule au ventre de savoir mon fils mal. Je pourrais ne pas l'y mettre mais cela ne résoudrait pas son réel problème. L'école et ses à côtés sont pour lui une souffrance qu'il fait grossir en lui de manière disproportionnée et nous n'arrivons pas savoir pourquoi. allez, plus que 5 séances :(
