Julesetmoa

Un carnet de famille, de découvertes et d'escapades.

Nouvelle école, nouveau départ ?

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Je sais qu'on est en plein mois de juillet et que vous êtes en vacances ou bientôt. Mais comme je l'expliquais dans ce billet, difficile pour nous de faire un réel break. Même pour Jules c'est difficile vu qu'il va encore à aller à l'hôpital de jour et chez l'orthophoniste.

Et puis il ne faut pas se leurrer, régulièrement la question se pose : Il passe en quelle classe Jules ?
Parce que oui, quand on est adulte (et je me mets dedans), on ne peut s'empêcher de parler ECOLE même pendant les vacances !


Pour ceux qui connaissent Jules, la plupart savent qu'il change d'école et qu'il l'a déjà visité. Je le laisse ainsi parler tout seul (enfin je l'aiguille) de ce nouveau lieu qu'il va devoir s'approprier.

Parce que si pour nous c'est un changement (surtout organisationnel), pour lui c'est un vrai bouleversement. Il va passer d'une école rurale à une école de ville. 

Son ancienne école, c'était :
- 4 classes de plain pied (de la PS au CM2)
- 1 service de cantine
- des enfants qui se connaissent tous
- l'école juste derrière la maison

La nouvelle école c'est :
- 6 classes sur 2 étages (du CP au CM2)
- 3 services de cantine
- aucun camarade, aucune connaissance
- l'école a 1/2 de la maison

Ca peut vous paraitre rien mais aux yeux d'un enfant (et d'une maman), c'est impressionnant. Même moi je fus intimidée par ce bâtiment immense, un ancien collège.

Heureusement, Jules est assez passionné pour ne voir que ce qui l'intéresse : une salle informatique avec une vingtaine de PC (oui il espère pouvoir aller sur Youtube ;)) et un city dans la cour de récréation, deux fois plus grands que celui de notre village. Il s'est aussi très vite imaginé emmener ses voitures et pelleteuses pour jouer dans le sable de l'école. 

Du coup, Jules semble rassurer d'y aller. Il se projette et parle de sa nouvelle maîtresse , sans stress. Sa seule inquiétude "visible" reste sur ses amis. Il nous parle de ses anciens copains, comme s'il allait les perdre. Il va donc falloir redoubler d'effort (et d'invitation) pour qu'il voit qu'on peut avoir des amis partout.

Régulièrement je lui explique que dans cette classe, il n'y aura que des enfants comme lui, avec des difficultés tout comme lui. C'était d'ailleurs troublant lors de l'entretien avec la maîtresse de l'entendre dire à chaque fois que j'évoquais une particularité de Jules : "Oh mais j'en ai pleins des comme ca !" Pour la première fois, j'ai senti que mon fils ne serait plus différent mais au contraire comme les autres. C'est bête mais ça fait du bien.

En revanche, le seul point qu'il n'aborde jamais c'est sur le travail qu'il va devoir fournir, ce pour quoi il change d'école. Pour lui, ce sera forcément un échec, car du haut de ses 8 ans, il s'est déjà mis en tête qu'il était nul. J'essaie du coup de lui redonner confiance en lui, mais ce n'est pas toujours facile.

Alors régulièrement, quand il se rabaisse, je lui parle de ses qualités, de ce qu'il fait de bien, ce dont il est capable. Je lui explique aussi que ce sont nous, les adultes, qui sommes nuls ... nuls de ne pas réussir à lui apprendre à lire, à compter, juste parce que nous ne trouvons pas son mode d'emploi.

A la rentrée, mon bébé va dans une grande école. Je vais devoir le lâcher, le confier à des gens que je ne connais pas. Jules n'étant pas très bavard, je ne suis pas prête de savoir ce qui se passe là bas. Je vais donc ronger mon frein, attendant patiemment un signe, un mot, qui me fera dire que notre est le bon.


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