Julesetmoa

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Reprise du travail à 100 % après un burn-out : mon bilan après 16 mois

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Une personne assise à son bureau de travail pensive, illustrant la reprise après un burn-out.



Huit mois d'arrêt total, suivis d'un an de mi-temps thérapeutique. En ce début décembre, je serai officiellement de retour à 100 % au travail. J’avoue avoir du mal à réaliser ces derniers mois. Et on ne peut pas vraiment dire que j'en ai profité : mon corps en avait réellement besoin, et ma tête encore plus.

Comment expliquer qu’à un moment de notre vie, il nous devienne impossible d’avancer, de se projeter, et que tout commence à nous angoisser ? Durant cette période, j’ai pourtant beaucoup appris sur moi-même. J'ai apprivoisé ces angoisses qui me suivent au quotidien — et dont je n'avais même pas conscience. Aujourd'hui encore, elles sont là et m’accompagnent souvent de manière inconsciente, mais mon corps, lui, n'oublie jamais de me le rappeler.

Qu'est-ce qui a changé après une longue absence professionnelle ?

Alors, qu’est-ce qui a changé en 16 mois ? Dans mon quotidien concret, pas grand-chose. En revanche, le travail de fond entamé avec une psychologue m'a permis de comprendre comment me protéger face aux difficultés relationnelles : quelle réaction avoir face aux remarques parfois violentes, à la colère ou au dénigrement.

Je n’ai pas changé de travail, car je ne veux pas partir par dépit ou fuite. D’une certaine manière, ma fierté me dicte de me battre, de m’affirmer et de montrer qu’dans la vie, on a le droit de dire non, de s’opposer et de ne pas être d’accord, sans pour autant dénigrer le travail des autres. Évidemment, ce n'est pas facile d'aller à l'encontre de son propre tempérament : savoir dire stop et ne plus rien laisser passer demande un apprentissage constant.

Tout cela me demande énormément d’énergie et de concentration, des ressources que je n’ai pas encore totalement retrouvées. S'habituer à prendre le temps le matin, à se laisser porter, pour replonger soudainement dans un rythme beaucoup plus cadré... La pression supplémentaire est immense.

15 ans avant la retraite : l'envie d'autre chose et la quête de sens

Il me reste presque quinze ans à travailler, et je rêve clairement d’autre chose :

  • Je rêve de pouvoir exprimer mes idées librement, de pouvoir exprimer un désaccord sans qu'il ne se transforme en affrontement verbal.
  • Je rêve de prises de décision cohérentes, d'écoute et de management bienveillant — tout ce qui fait un véritable travail en équipe, prenant en compte la contribution de chacun.
  • Je rêve de travailler avec des personnes intègres, sans avoir à me méfier de la mesquinerie, de la fourberie ou de carrières personnelles égoïstes qui priment sur l'intérêt général.

Parfois, l’envie de tout plaquer refait surface : aller vivre retirée dans une petite ville de province, créer mon propre réseau, échapper aux contraintes toxiques et me sentir enfin utile. Le monde va mal, la planète s’effondre, et tout cela pèse lourdement sur notre moral. Pourtant, j’ai encore envie d’y croire. J'ai envie de me battre pour que ce que nous constatons au quotidien ne devienne pas la nouvelle normalité.

Bref, le 8 décembre, je reprends le travail à 100 %. Une nouvelle étape commence.

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