Handicap

Je ne dis pas merci au STIF !

Depuis septembre, Jules a intégré une classe Ulis école suite à une demande d'orientation de son école, de l'équipe soignant et de nous. Ce type de classe existe dans quelques écoles et très souvent les enfants sont obligés de faire des kilomètres en plus selon leur affectation. Pour Jules, le choix s'est porté dans une école situé à 25 km de la maison. Nous avions demandé une ville plus proche (17km), à proximité de l'hôpital de jour, mais il n'y a avait pas de place et Jules n'était pas prioritaire de toute façon. Nous avons du accepté (pas trop de le choix à vrai dire).
 
 
Heureusement, il existe une prise en charge "taxi" dans ce genre de situation. Car par chez nous, les cars sont très très rares déjà pour les écoles du secteur. Alors imaginez pour un trajet un peu particulier, on oublie tout de suite les transports en communs.
Au départ, je pensais naïvement que je pourrais demander aux taxis déjà en charge de Jules de s'occuper de son transport. Mais hélas, tout est bien cloisonné. Lorsqu'il s'agit d'une prise en charge Maison - Ecole, le STIF (syndicat des transports d'Ile de France) a son propre réseau de taxis ou de transporteurs. Pour les trajets liés à des soins, comme nous avions jusqu'ici, c'est le réseau Sécu qui prend en charge.
 
A la rentrée 2015, je découvrais donc ce nouveau fonctionnement. Pas de chance pour nous, il venait tout juste de mettre en place un appel d'offres, réduisant leur nombre de chauffeur de moitié. Ce principe de marché public (que je pratique régulièrement dans mon travail) a l'avantage indéniable de pouvoir mettre en concurrence les entreprises et ainsi obtenir les meilleurs prix. Sauf que là, il s'agit de transports d'enfant et non, de marchandises. Nous nous retrouvons avec des transporteurs, qui cassent les prix en payant au minimum leur chauffeur et en leur fournissant des voitures pas toujours adaptées.
 
Lorsqu'il a fallu affecter les taxis aux enfants, leur espérance de mutualisation est tombé à l'eau, décalant pour de nombreux enfants la rentrée scolaire. Jules a eu un chauffeur une semaine après !!! Heureusement que les autres taxis ont pu faire le trajet. Je ne vous cache pas que pendant 15 jours, il a fallu appeler, envoyer des mails pour essayer d'avoir des infos. Car les dépenses publics sont tellement à la baisse que le département est incapable de répondre aux parents !
 
Du jour au lendemain, une société de transport a voulu venir chercher mon fils, sans aucune présentation, comme si j'allais laisser mon fils à un inconnu. Heureusement, Jules est assez facile quand au changement, mais je sais que pour beaucoup d'enfants, cela peut provoquer des crises, des angoisses, difficile à gérer. Une fois encore, je n'ai pu m'empêcher d'écrire au STIF pour exprimer mon mécontentement, mais bien évidement, ce mail est une fois de plus resté dans l'oubli.
 
L'année s'est déroulé sans problème. Le chauffeur était très gentil et à l'écoute de Jules. Il lui a même offert des chocolats à Pâques. En revanche, sa provenance me laissait perplexe ... 65km de chez moi !!!! le bilan carbone était quelque peu explosé, d'autant plus que l'école de mon fils n'était pas du tout sur son trajet !
Et puis il y a eu ce dernier trajet avant les vacances, où il nous annonça que c'était son dernier car il partait à la retraite. Il ne connaissait pas le nom de son remplaçant, son patron ne l'en avait pas informé. Vous imaginez bien que j'ai commencé à monter en pression. J'ai tout de suite envoyé un petit mail bien salé au transporteur, lui rappelant que mon fils n'était pas un numéro et que la moindre des choses était de nous prévenir. Et puis je suis partie en vacances ....
 
Vendredi dernier, à 3 jours de la reprise, j'ai reçu l'appel d'un transporteur (inconnu au bataillon), qui venait d'apprendre qu'il aurait en charge mon fils. Au vu du timing un peu court, il n'était pas sur de pouvoir le faire dès lundi mais qu'il me tenait informé. Recevoir ce genre de coup de fil, sur la route du retour n'était, mais alors pas du tout prévu !!!! Une fois de plus, le STIF n'avait donné aucun signe de vie. Pas de mail, ni de courrier, ni même un appel pour m'avertir de ce changement. Non, tout le monde se débrouille sans eux !!! L'entreprise a trouvé une solution en ajoutant Jules à une tournée et m'a indiqué le nom et le téléphone du chauffeur. Il m'a donné signe de vie dimanche soir à 20h pour me donner l'heure à laquelle il viendrait le prendre ... oui il ne faut pas être angoissé non plus.
 
 
Alors aujourd'hui je dit STOP !!! ok les établissements publics doivent faire des économies, ok il n'y a pas forcément besoin d'envoyer des courriers ou lettres recommandées pour tout, mais à un moment donné, il est important de dialoguer !!!!! Nous parlons ici de jeunes enfants, qui ont pour la plupart des troubles. Ils sont déjà déracinés de leur lieu de vie, de leurs habitudes, de leur copain, de leurs parents. Tout le monde est d'accord pour dire qu'ils ont besoin de beaucoup de stabilité, de repère, de routine ... et là, pour une question soit disant économique, ils sont ballotés, comme des cartons.
 
Jules a déjà deux taxis de notre région, qu'il connait depuis bientôt 4 ans. Leurs voitures sont fiables (non parce que la Dacia ou la C2 qui tombe en panne, c'est bon j'ai donné), ils sont à notre écoute et proche des enfants qu'ils amènent. Je ne sais pas encore comment va se passer la rentrée prochaine, mais une chose est sure, je ferai TOUT, pour que Jules puisse voyager qu'avec eux dorénavant.

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6 commentaires:

  1. Y a vraiment de quoi péter les plombs. C'est scandaleux d'agir de la sorte alors qu'ils prennent en charge des enfants oO

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    1. oui rien que d'y penser ça m'énerve d'ailleurs !

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  2. C'est vraiment un cruel manque de professionnalisme!

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    1. je trouve aussi ! et pourtant, j'essaie toujours de trouver des excuses aux gens ... mais pas là !

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  3. oui vraiment pas cool grrrrr
    courage des bisouss

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