Handicap

Quand la culpabilité se mêle au plaisir

29 avril Jules etmoa 6 Commentaires

Nous avons l’habitude de laisser Jules partir loin de nous mais il est toujours dans la famille, avec des personnes que l’on connait. On ne l’a pas au téléphone tous les soirs, car il a encore du mal avec la séparation des fois mais nous avons tout de même des nouvelles tous les jours.

Forcément, ça rassure nos coeurs de parents !






Mais cette fois ci, c’était complètement différent.

La semaine dernière, Jules est parti en compagnie de 3 autres enfants de l’hôpital de jour au zoo de Beauval. Lors de ce séjour, nous avions des mails une fois par jour avec une ou deux photos. Vous allez me dire, c’est déjà énorme je trouve. Bien souvent, il est difficile aux équipes encadrantes de pouvoir envoyer autant de messages.

Le premier jour a été difficile. D'autant plus que les Au Revoir ont été expéditif. Les soignants devaient avoir tellement peur de la réaction des enfants (et des parents) qu'à peine arrivé, ils ont dit aux enfants de nous faire un bisous et de rentrer à l'intérieur.
Tout s'est passé si vite, que je me suis sentie abandonnée ! Les larmes sont montés (sans couler) ..... mon bébé partait sans moi.

Et puis la journée est passée. Je ne cessais de consulter mes mails pour savoir s'ils étaient arrivés. Quand le fameux message est apparu, j'ai pu enfin souffler : ca y'est, c'est le début d'une nouvelle aventure pour lui.

Pendant ce temps, nous avons continué notre vie, notre quotidien avec deux enfants. Et je dois dire que j'ai aimé car pour la première fois, j'ai touché du doigt cette vie de famille normale.

Cette vie où tu n'as pas besoin de répéter les choses 36 000 fois, et où l'enfant t'obéit presque tout de suite. J'ai pu sortir hors de la maison sans avoir besoin d'être aux aguets en permanence et donc en stress. J'ai enfin compris comment utiliser la méthode de l'éducation sans crier, et faire preuve de bienveillance. J'ai aimé mes soirées paisibles, même si P'tit Loup squattait notre lit. J'ai découvert mon deuxième, calme, serein et pas du tout dans la jérémiade, comme il a l'habitude de l'être.

J'ai savouré chacun de ces instants mais je me suis aussi sentie coupable.

Coupable que Jules ne m'est pas manqué tant que ça. Coupable d'avoir voulu qu'il y reste un peu plus longtemps, juste deux ou trois, pour qu'on en profite encore un peu.

Ce sentiment, nous étions deux mamans à l'avoir ressenti : ce mélange entre le soulagement et la culpabilité. Comment pouvions-nous penser ça ???
Mais d'un autre côté, comment s'en vouloir d'aimer une semaine si paisible, sans toutes ces contraintes, cette souffrance que nous fit vivre nos enfants.

Alors oui, durant une semaine j'ai oublié Jules. J'ai aimé cette semaine sans lui. Vivre comme madame tout le monde m'a plu, et m'a montré que toute mon éducation n'était pas à jeter. Malgré tout ça, je l'aime Jules. J'étais heureuse de le retrouver, de le serrer dans mes bras. Quelques heures après, j'ai senti mon corps se raidir un peu, cette tension revenir mais c'est comme ça. Avec Jules, la vie est comme ça. Et elle est belle aussi. Différente tout comme lui mais belle.





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6 commentaires:

  1. Toujours ambivalents ces sentiments, je te comprends !

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  2. Un billet en demie teinte un peu triste et doux. Oui c'est normal d'avoir profité de ces jours plus simples et plus paisibles et ça ne fait en rien de toi une mauvaise mère ;) Tu assumes au quotidien, tu as bien gagné le droit de reprendre ton souffle à un moment. Et Jules s'amusait pendant ce temps-là. Et même avec un quotidien plus simple ça fait du bien aussi de s'éloigner un peu de ses enfants parfois pour mieux se retrouver ensuite.

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    1. je laisse souvent mes enfants mais c'était la première fois où ils étaient séparés et que j'ai vraiment profité. ca ira mieux la prochaine fois ;)

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  3. Je comprend tout à fait ce que tu ressens : la vie est tellement stressante avec Mini, Chaton pleure pour un rien, Maxi est à vif. Et puis le vendredi arrive, Maxi et Mini vont tous les 2 au CAMSP et je reste avec mon Chaton si calme, si doux, qui rot toute cette journée. Puis Mini revient... Et on répète de nouveau les choses, je redevient l'ONU toujours à négocier entre les enfants pour qu'ils s'acceptent mutuellement.
    En fait, on est comme des superhéros, on a une double vie : une avec et une sans nos petits TED mais les 2 sont passionnantes !

    Bises

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    1. ah oui l'ONU !! punaise, ça m'agace au plus haut point ça ! et c'est vrai que pendant 5 jours, je n'ai pas eu à le faire et c'était d'autant plus reposant .
      Bon courage à toi <3

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