Handicap

Stigmatiser ou non un enfant "différent"

27 décembre Jules etmoa 12 Commentaires

Pour certains, Twitter peut paraître inutile.
Il l'est en effet. Mais au milieu de ces discussions futiles (qui font du bien),
certains lancent des débats comme On ne m'avait pas dit que.


Quid des répercussions :
Élever un enfant supposé « différent » comme « normal »
VS
élever un enfant en le stigmatisant de « différent » ?

ou de la stigmatisation d’un enfant « supposé » différent ?

Tous les enfants sont différents, tout comme les hommes et les femmes d'ailleurs.
Cette différence nous rend unique.
En grandissant, nous devenons des êtres à part entière.
C'est la vie ... normal.
Mais à quel moment peut on réellement dire qu'un enfant est différent ?
La véritable différence intervient au moment où
cet enfant n'arrive plus à s'adapter à notre société.

Est ce bien ou pas de s'adapter, là n'est pas la question.
La véritable question est de savoir si sa différence sera acceptée par les autres ou non.

Et c'est là que tout va se jouer.
La capacité des autres, l'envie, la patiente.

Nous sommes dans une société exigeante, en attente de résultat.
Un peu comme la chaîne d'une usine, il faut que ça file !
Tu dépasses ? tu ralentis ? Hop, tu es mis de côté.

Le fait de stigmatiser l'enfant permet d'expliquer à la société,
de leur faire découvrir autre chose que cette chaîne.

Dans un monde idéal, je dirai qu'il ne faudra pas.
On devrait pouvoir élever nos enfants comme les autres,
avec leur différence, à leur rythme.

Mais on ne peut pas.
Notre société n'est pas prête et ne tend pas vers ça en plus.
A nous, parents d'enfant différent, d'expliquer aux autres.

J'ai ouvert ce blog pour ça.
Pour en parler.

Pour que l'on cesse de croire que si un enfant cri, hurle, n'obéit pas,
ça n'est pas forcément qu'il est mal élevé.

J'avoue aussi que la stigmatisation nous permet au début de nous déculpabiliser.
"Ça n'est pas de notre faute, il est différent"
Mais on s'aperçoit très vite que ça ne change rien,
et qu'il est juste important de le faire pour lui, pour son avenir.

Aujourd'hui, je peux dire que j'ai stigmatisé Jules.
Je veux que les personnes qui l'entourent comprennent,
pour qu'elles puissent l'aimer tel qu'il est.
Mais à la maison, et surtout avec son petit frère,
il reste un enfant comme les autres, normal.
On s'adapte à lui, comme on s'adapte à son chieur de frère.

Difficile de savoir qu'elles seront les répercutions de ce choix.
Est ce bien ou pas bien, on ne sait pas.
Il faut juste comprendre à un moment donné que l'enfant est au cœur de nos choix.
Ce choix, nous ne les faisons pas pour nous, mais pour lui.
L'important est qu'il soit heureux, épanouis,
à sa manière, avec sa différence.

A partir de janvier,
Jules sera déscolarisé l'après midi pour intégrer l'hôpital de jour.
Devions nous ignorer sa différence et l'obliger à rester l'école malgré sa souffrance ?
Je ne pense pas.
Savoir lire, écrire, compter,
ne lui sera d'aucune aide si son comportement ne suit pas la chaîne de la société.

Le temps nous dira si notre choix était le bon ou pas ...

Et si vous voulez un autre avis, voici celui de Chiawaze.

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12 commentaires:

  1. L'envie de changer un verbe ou deux, pouvoir par vouloir par exemple, mais le sens serait il si différent d'ailleurs ? J'ai presque envie de sous-entendre que tout est justement dans le sens et l'envie que l'on donne à/de l'autre...

    Comme je le disais sur Twitter le terme débat est utilisé à tord ou plus exactement pour fausser le jugement - dans une volonté propre, je plaide coupable - il n'existe aucune bonne ou mauvaise réponse, aucun bon ou mauvais argument, et autres déclinaisons d'avis.

    Le prendre sous la forme d'un débat c'est s'assurer une stérilité et une opposition qui rapidement tournera à l'agressivité au vu de l'impact que cela a ou aura chez l'autre, les autres, là bas, ceux qui sont différents et qui pensent différemment.
    Pas un débat, non, mais une obligation à (se faire) réfléchir et faire réfléchir l'autre sur le sujet. Une introspection sur ressenti, sur l'envie de vouloir, de pouvoir... et en matière de ressenti, seul « Le temps nous dira si notre choix était le bon ou pas ... »

    (arc en ciel dans ta vie et paillettes chatoyantes)

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    1. J'aime réfléchir, me poser des questions, surtout quand il s'agit de Jules : c'est surement pour ça que j'ai été happé par ce tweet :)
      Merci pour ce com, si dur à poster !!

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  2. c'est un très bel article plein d'espoir et d'amour <3

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  3. Vous faites vos choix en vous souciant du bin être de votre enfants, il sera donc forcément le bon.
    La remise en question, la recherche de savoir ce qui est le mieux (pour tes 2 enfants d'ailleurs) fait que vous leur montré le respect, le droit à l'erreur.

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    1. Merci pour ces mots ... j'espère qu'on leur montre le bon chemin :)

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  4. Je suis sure que c'est le bon choix.Peut on reprocher aux parents de vouloir le mieux pour leurs enfants? Peut on en vouloir à la société de ne pas comprendre?
    "Pour que l'on cesse de croire que si un enfant cri, hurle, n'obéit pas,
    ça n'est pas forcément qu'il est mal élevé."
    Hélas....je ne crois plus beaucoup au changement d'attitude, cela fait des années maintenant que famille et proches savons pourquoi notre fils cri, hurle et n’obéit pas .Pourtant , famille et proches ne peuvent toujours pas s'empêcher de lâcher parfois: "un bon coup de pied au derrière voila ce qu'il lui manque " et toc prends ça dans les dents.
    Alors écrivons sur nos blogs, dénonçons l’incompréhension, et surtout stigmatisons! Car stigmatiser c'est blâmer publiquement, dénoncer, condamner avec force [Littéraire].
    Et moi je suis pour dénoncer avec force le système qui nous entoure, tant du point de vue médical que politique.Certains pensent encore que si un enfant est autiste c'est à cause de sa mère! Nous sommes en France , en 2014 ( dans quelques jours).Dans les pays anglo-saxons, la différence est reconnue, entendue.En Belgique, il existe des structures et des méthodes adaptées pour nos enfants.En France , si on parle de différence, on est alors stigmatisé!Nos voisins nous évitent, nos collègues font semblant de comprendre, nos amis nous écoutent pensifs et la famille ...cela dépend!
    Doit on élever notre enfant différent comme "normal", bien sur que oui dans la mesure du possible mais cela ne doit pas nous empêcher de râler , hurler sur un blog ou ailleurs quand l'enfant "normal" disparaît au moment ou on avait presqu'oublié qu'il était différent.Un enfant différent peut être aussi un ado suicidaire, un ado en proie avec la drogue, un enfant émotif, un enfant agressif.Un enfant différent n'est pas forcément un enfant handicapé.Mais il est différent car il souffre et engendre de la souffrance au sein de la famille .La famille d'un enfant ou ado différent a besoin d'aide...c'est aussi simple que cela .Et pour obtenir de l'aide , il faut parler.Alors est ce le bon choix que de faire hospitaliser une personne pour son bien? Moi je crois que plus qu'un choix , c'est un devoir.Le temps travaille pour nous...et nous apporte des solutions à chaque étape de notre vie.

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    1. Je n'utilise que très rarement le mot Handicap car un enfant différent peut être un enfant normal et non étiqueté.
      Nos blog doivent en effet être une vitrine de ce que l'on vit, non par voyeurisme, mais pour expliquer : la différence existe, la différence fait mal, mais la différence apporte aussi beaucoup de bonheur <3

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  5. Bonjour,
    Je crois que chaque parent fait au mieux pour son enfant, je voulais savoir quelles prise en charge il aura a l'hôpital de jour?
    La différence est une richesse,

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    1. Oui une très belle richesse !
      Jules y va 4 après-midi par semaine. Il est suivi par une psychomot là bas et ensuite par des éducateurs spé et des soignant dans des ateliers.

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  6. j'ai retrouvé un com de moi fait en janvier dernier...
    A t'il progressé grâce aux thérapie suivi a l'hôpital de jour? sur quel plan? relation aux autres? concentration? respect des règles et codes sociaux?...

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    1. relation aux autres : il n'a jamais eu de soucis.
      On n'a pas vu de progrès helas comme les autres parents. Je crois qu'ils ont été dérouté entre le premier diag et la réalité. Ils ont du coup depuis changé leur manière de travailler.
      Le seul progrès que j'ai vu c'est l'envie d'apprendre (apprentissage scolaire) qui est revenue depuis début juin. A qui ou à quoi c'est du je ne sais pas mais on prend !

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